un blog qui collectionne les articles et infos et donne des avis sur Yoann Gourcuff (né le 11/07/86)-------- Claude Cabannes (écrivain-journaliste) :J'aime le joueur Gourcuff. Il m'émeut par son élégance, son allure ,son port de tête ,on sent l'artiste en lui qui ne demande qu 'à s'exprimer .Il y a une certaine tristesse ,une retenue qui me touche .------------ bienvenue,willkommen,welcome--

Coucou, à tous mes visiteurs

Ici,on parle de Yoann ,du club où il joue ,de foot,de L' OL ,de L' EDF, (et pour les autres , si vous le voulez ,on peut en parler dans les commentaires ) et bien sûr dans le respect des uns et des autres .
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Pas de commentaires sur" la vie
très privée" de Yoann ,ni sur des publications qui l'évoquerait sur des suppositions ,des extrapolations ou pour autre chose que le versant sportif hormis les actions en faveur d'associations ou si les infos viennent de lui par le biais d'ITW(,girondins tv,oltv ,c+,..etc ,reportages médias ou public pour des actions diverses et variées ).
Pas d'insultes ,ni de grossièretés ,ni d'allusions réprimées par la loi (raciste ,homophobes ...) SVP
Les photos ne sont pas ma propriété et dans la mesure du possible ,j'essaie de mettre le nom du photographe ou de l'agence il y a : Mrs Mouillaud ,Guiochon ,O et L ,Afp, Iconsport ,Maxxx ,OlGirzgones . ,Facebook ....Getty image .....et d'autres
J'aime le foot depuis longtemps,et je suis très heureuse d'échanger et de partager avec vous .
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dimanche 26 avril 2009

Yoann Gourcuff : "Ne pas s'arrêter là"


A peine la victoire en Coupe de la Ligue acquise que le meneur bordelais Yoann Gourcuff se penche déjà sur la suite du championnat. Prochaine étape pour les Girondins de Bordeaux, Rennes un lieu particulier pour Gourcuff, le Breton de souche.

Ligue 1 : Yohann Gourcuff (Bordeaux)
Yoann, Que retenez-vous de cette soirée et du succès de Bordeaux sur Vannes ?

Yoann Gourcuff : On a fait un très bon match dans une ambiance sympathique. On a réussi à marquer rapidement ça nous a facilité les choses par la suite. C’est dommage que l’on ait eu quelques blessé parce que mercredi on dispute un match important (face à Rennes en Ligue 1, ndlr).

Hormis les blessures, Bordeaux surfe sur une excellente dynamique ?


Yoann Gourcuff : La dynamique est bonne car on vient de boucler notre quatre ou cinquième match sans prendre de but. Même à 4-0 on a essayé de rester concentré le restant du match pour concéder le moins d’occasion possible. Marquer quatre fois ce soir, c’est aussi une excellente chose, cela met nos attaquants en confiance. Je suis content pour Yoan Gouffran qui a fait un très bon match conclu sur un but. C’est très bien pour lui car il était en panne de confiance depuis le début de saison.<script type="text/javascript" src="http://ad.doubleclick.net/adj/gna.fr/level2;tile=2;sz=160x600;ord=541583?area=2l&pos=2&ord=541583"></script>

Après Vannes, Rennes. C’est une semaine bretonne pour vous. A quel type de match vous attendez-vous mercredi ?

Yoann Gourcuff : A une rencontre forcément particulière et chargé d’émotion face à mon club formateur. Ça va me faire bizarre de retourner où je jouais encore il y a peu de temps.

Est-ce un match que vous avez coché dès le début sur votre calendrier ?


Yoann Gourcuff : Je fais toujours attention aux matches contre Rennes et Lorient car ce sont des équipes de ma région contre lesquelles j’ai très envie de jouer.

Justement, comment allez-vous appréhender l’événement ?

Yoann Gourcuff : Les émotions seront partagées mais il ne faut pas que ça m’empêche de jouer. Retourner au Stade de la route de Lorient me fais chaud au cœur mais il y a un match à disputer. Rennes ne va pas nous le donner. L’équipe a encore des choses à faire dans ce championnat il ne faut pas que l’on attende de cadeaux  de sa part. J’espère seulement que l’on aura récupéré physiquement et mentalement.

Si Rennes a encore des choses à faire en championnat, c’est aussi le cas de Bordeaux…

Yoann Gourcuff :
Il reste beaucoup de matches. On est bien au classement, on rêve de remporter toutes nos rencontres. Je ne sais pas ce qu’il va se passer mais c’est une fin de championnat assez excitante.

Le nul entre Lyon et Paris doit faire votre bonheur ?


Yoann Gourcuff : Même si c’était le meilleur résultat que l’on pouvait espérer, on ne doit se concentrer que sur nous-mêmes, sur notre jeu et la façon d’aborder les matches. Quand on les aborde comme ce soir avec sérieux en ayant l’état d’esprit adéquat, cela fini par payer.

Ce soir il y a quand même des inquiétudes avec les blessés ?


Yoann Gourcuff :
Surtout dans cette fin de championnat où les organismes sont fatigués. Beaucoup de joueur ont énormément donné et ce soir, on perd deux éléments, c’est un peu le point noir de la rencontre. J’espère que ce n’est pas trop grave et que l’on va récupérer tout le monde le plus rapidement.

Gagner la Coupe de la Ligue, ça représente quoi pour vous ?


Yoann Gourcuff : C’est un titre. Et le fait d’avoir gagné le trophée des Champions et la Coupe de la Ligue c’est déjà très satisfaisant. Maintenant, on ne doit pas s’arrêter là. Il faut retomber, très vite, dans le quotidien du championnat.

Le championnat est donc toujours prioritaire ?


Yoann Gourcuff : On se bat tous les week-ends depuis le début de saison pour le championnat. On a souffert, c’est plus long et plus difficile. Maintenant que l’on arrive sur la fin, ce n’est pas le moment de lâcher.

On a le sentiment que tout réussi à Bordeaux, en ce moment…


Yoann Gourcuff : On est effectivement sur une bonne dynamique. Dernièrement, on a gagné des matches sans parvenir à imposer notre jeu mais en étant réaliste et efficace, le contraire de notre début de saison. Ce soir, il y avait tout, l’efficacité et le jeu. On a vu de bonnes sur lesquelles il faudra s’appuyer pour  la fin de saison.

A Saint-Denis, Thomas FILHOL
BORDEAUX / YOANN GOURCUFF :  « Le plus dur commence »
Rédaction Football365
Stade de France
Yoann Gourcuff, le meneur de jeu des Girondins, livre ses impressions après la victoire acquise face à Vannes en finale de la Coupe de la Ligue samedi. L'international français se réjouit de ce titre, mais l'heure n'est pas au triomphalisme. L'ex-Rennais pense déjà à la fin du championnat...  

Yoann Gourcuff, quel regard portez-vous sur ce large succès face à Vannes (4-0) en finale de la Coupe de la Ligue ?
On avait bien préparé cette rencontre. On a été sérieux tout au long du match. Et ça s'est vu. Au bout de trois minutes de jeu, on est parvenu à ouvrir le score. Ce n'est pas anodin. Mentalement, on était dedans. On avait beaucoup de respect pour cette équipe du VOC. On a joué le jeu à fond. On a su débloquer la rencontre au bon moment.
Avec une telle avance à la pause, vous avez pu gérer vos efforts en seconde période, non ?
Je ne sais pas. On sort tout de même de cette rencontre avec deux nouveaux joueurs blessés (Ndlr : Wendel et Benoît Trémoulinas). J'espère d'ailleurs que ce n'est pas trop grave. Après, on s'est toujours efforcé de rester dans le match. Même à 4-0, on a tout fait pour ne pas prendre de but. C'était important pour notre confiance et notre assise défensive d'enchaîner un nouveau match en préservant notre cage inviolée. On a fait les efforts qui étaient nécessaires. On a joué notre football.
Vous n'avez pas particulièrement fêté votre but, le quatrième de la soirée…
Je ne voulais pas que mes gestes soient mal interprétés. En plus, le score était déjà assez lourd. Il n'y avait pas besoin d'en rajouter. Mais ça m'a fait plaisir de voir tous ces Bretons et ces drapeaux dans le stade. Ça m'a fait chaud au cœur.
« On ne peut pas réellement profiter de ce titre »
Allez-vous réellement savourer cette victoire alors que vous devez affronter le Stade Rennais dès mercredi (33eme journée de Ligue 1) ?
On ne peut pas réellement en profiter. C'est une question de calendrier. Dans un premier temps, on va rentrer tranquillement à Bordeaux. Après, on va essayer de se mettre le plus rapidement possible dans ce match de mercredi. Ce sera une rencontre très importante face à une belle équipe. On devra bien se préparer physiquement, mais aussi au niveau de l'état d'esprit, pour faire un résultat là-bas. Notre victoire en Coupe de la Ligue nous place dans une bonne spirale, mais nous ne devons pas nous retrouver en excès de confiance. Il ne faut pas qu'il y ait trop d'euphorie. C'est le piège. On a remporté un nouveau trophée, mais il faut passer à autre chose avec une nouvelle compétition qui se présente. C'est le plus dur qui commence.
On vous sent déjà ailleurs…
On est très heureux. A la fin du match, on a passé beaucoup de temps avec nos supporters. Il y avait vraiment une belle ambiance. Mais le championnat reprend ses droits. Retour au quotidien.
Comment voyez-vous cette fin de saison ?
Ça va être très serré jusqu'au bout. Il peut encore y avoir beaucoup de retournements de situation. Il faut jouer tous les matchs à fond pour ne pas avoir de regrets.
Recueilli par Benoît Bruère, au Stade de France

samedi 18 avril 2009

Juninho - Gourcuff, les métronomes

Juninho - Gourcuff, les métronomes

L'OL se déplace à Bordeaux dimanche soir pour le match phare de la 32ème journée de Ligue 1.  Lyoncapitale.fr vous propose des duels poste par poste entre joueurs lyonnais et bordelais.Juninho Pernambucano, 34 ans, 243 matchs de Ligue 1 pour 73 butsPoints forts : Compétiteur, coups de pied arrêtés, véritable chef d'orchestrePoints faibles : Vitesse, il a du mal à enchaîner les matchesPalmarès :Vainqueur du Trophée des champions en 2002, 2003, 2004 (Lyon) / Champion de France 2002, 2003,2004, 2005, 2006, 2007, 2008 (Lyon)Vainqueur de la Coupe de France en 2008 (Lyon) / Vainqueur de la Coupe des Confédérations en 2005 (Brésil)Yoann Gourcuff, 22 ans, 96 matchs de Ligue 1 pour 13 buts Points forts : Technique, vision du jeuPoints faibles : La fraîcheur physique Palmarès :Vainqueur du Trophée des champions en 2008 (Bordeaux)Synthèse : Duel de métronomes et de générations.
Côté Lyonnais, Augusto Ribeiro Reis Junior, plus connu sous le nom de Juninho, est d'ores et déjà entré dans l'histoire de l'OL. Fort de ses sept titres de champion de France, le Brésilien réalise peut-être sa dernière saison au club. Aujourd'hui, le meilleur tireur de coup-franc au monde est l'un des rares joueurs de l'OL connu et reconnu à l'étranger. En sept années de Ligue 1, le natif de Récife a marqué en moyenne 9,7 fois par saison (sans compter 2008/2009 qui n'est pas encore terminée). Actuellement, le joueur est autant passeur (5) que buteur (5), et son influence ne se limite pas simplement au terrain. Véritable compétiteur, le capitaine a transmis cette culture de la gagne à ses partenaires.
Jeune, beau gosse, talentueux, intelligent... Yoann Gourcuff semble cumuler les qualités. Cette saison, le Bordelais a émerveillé Chaban-Delmas par ses gestes techniques et ses buts. Certains observateurs le considèrent même, comme le nouveau Zidane. Depuis son arrivée en terre girondine, le joueur semble avoir franchi un palier. Avec 7 réalisations et 8 passes décisives en 30 matchs de Ligue 1, le meneur de jeu réalise une saison complète. Ses bonnes prestations lui ont valu une rapide intégration chez les Bleus, dans un système en 4-5-1, juste derrière l'attaquant de pointe (9 sélections - 1 but). Mais, le fils de Christian Gourcuff (entraîneur du FC Lorient) semble physiquement émoussé, en cette fin de championnat. Il faut dire qu'avec 2468 minutes dans les jambes et 28 titularisations, il est le joueur le plus utilisé par Laurent Blanc, après le défenseur Souleymane Diawara. Au total, entre son club et l'équipe de France, pas moins de 65 rencontres ont été disputées par l'ex-Rennais.(lyon capitale)

lundi 30 mars 2009

Yoann Gourcuff : Jouer avec Franck ,c'est facile

BLEUS / YOANN GOURCUFF « Jouer avec Franck, c'est facile »
Nicolas BERTÉ(sport365)
Auteur de la passe décisive sur le but de Ribéry à Kaunas, Yoann Gourcuff revient sur la double confrontation face aux Lituaniens. Il évoque aussi son entente avec Franck Ribéry.  

Yoann Gourcuff, après la victoire face à la Lituanie, on a senti les Bleus soulagés …C'est vrai qu'après le match, on était très satisfaits. Maintenant, il faut penser à autre chose, bien récupérer et préparer le match de mercredi qui sera très important avec trois points à prendre. Il faut se concentrer tout de suite pour mercredi !
Quels ont été les mots de Raymond Domenech après la rencontre ?Le coach nous a félicités pour le match d'hier (ndlr : samedi) mais maintenant il nous a dit qu'il y avait un match important mercredi et qu'il fallait se concentrer pour ce match là. Et surtout bien récupérer car sur un terrain comme celui d'hier, on a fourni beaucoup d'efforts et il y a peu de jours d'intervalles entre les deux matchs.
Une nouvelle fois, vous avez été décisif en délivrant une passe à Franck Ribéry …Si je me peux me retrouver au début de l'action ou à la finition, c'est toujours satisfaisant. Mais c'est surtout un travail d'équipe. Il faut mettre en valeur le but de Franck qui est exceptionnel. Sur un terrain comme celui-ci, il a d'autant plus de mérite. En plus, on s'est procuré pas mal d'occasions en première mi-temps. On en a concédé peu. A tous les niveaux, c'était une soirée satisfaisante. On aurait pu marquer en première mi-temps mais c'est quand même très bien.
Quelle est l'importance de Franck Ribéry au sein de cette équipe de France ?Aujourd'hui, il a un autre statut. Il est en train d'exploser vraiment. Il est très important sur le terrain parce qu'il prend beaucoup de responsabilités. Il tente beaucoup de dribbles en un contre un. Il n'hésite pas à provoquer balle au pied. Et en même temps, hors du terrain, que ce soit dans le vestiaire ou la vie commune, il met les gens à l'aise. Il n'hésite pas à chambrer, à mettre une bonne atmosphère dans le groupe. Mais quand il faut être sérieux, il est sérieux et il a les mots justes.
On a l'impression que vous aimez jouer avec lui …
Jouer avec des joueurs comme Franck, c'est facile, il est très vif. J'arrive bien à voir où il veut le ballon donc j'essaie dès que je peux de lui donner. Mais c'est vrai que j'aime bien le trouver.
Comment vous sentez-vous physiquement ?Le terrain hier était compliqué, catastrophique même. Forcément, cela fatigue un peu plus les organismes mais il n'y a pas de douleur particulière. Une fatigue comme tous les autres joueurs. On a encore quelque jours pour bien récupérer, on va essayer de faire ça bien.
Quelles étaient vos consignes pour se sortir du bourbier lituanien ?Il fallait essayer d'apporter du mouvement, de la disponibilité au porteur de balle et rester patient. On s'attendait à une équipe qui serait bien regroupée. On a essayé de ne pas balancer, de faire tourner en mettant du rythme dans nos passes, dans notre jeu. On se doutait qu'à un moment donné, les Lituaniens allaient baisser le pied et qu'après, il y aurait des brèches qui se créeraient. Il fallait profiter de ça. C'est vrai qu'en première mi-temps, on a eu quelques opportunités où on aurait pu faire la différence. Finalement, on l'a faite qu'en deuxième période. Mais bon, l'important était de ramener les trois points.
Vous rejouez la Lituanie mercredi. Cela change-t-il quelque chose de jouer une équipe que vous venez de battre ?On ne se pose pas vraiment la question. On essaie juste de récupérer. C'est un match à trois points comme celui d'hier soir. Après que ce soit le même adversaire ou pas, cela ne change pas vraiment grand-chose.
Aviez-vous une pression particulière pour ce match en Lituanie ?Chaque match de l'équipe de France, il y a toujours de la pression. Contre l'Autriche, j'avais senti beaucoup de pression, contre la Serbie, il y avait énormément de pression, en Roumanie aussi. Samedi soir pareil. A chaque match officiel de l'équipe de France, il y a beaucoup d'attentes. Sur ces matchs là, on sent vraiment un état d'esprit conquérant. Vraiment, dans toute l'équipe, tout le groupe, il y a quelque chose, cette envie d'aller à la Coupe du Monde. Tout le monde était très content hier à l'issue du match.
Quel est le rôle d'Alain Boghossian au sein de cette équipe ?
Alain a déjà tout son vécu, toute son expérience en tant que joueur. Il était encore joueur il y a peu de temps. Il apporte aussi beaucoup de joie de vivre de bonne humeur. Moi je l'apprécie beaucoup. Il est important et complémentaire avec les autres membres du staff.

samedi 28 mars 2009

Yoann Gourcuff a la clé


Le destin du sélectionneur et de la France en Lituanie dépendra en grande partie du rendement de Yoann Gourcuff, sauveur de Domenech en octobre grâce au but égalisateur réussi en Roumanie et revenu sur le devant de la scène.
Si les Bleus et leur technicien sont toujours en vie dans la course au Mondial 2010, Gourcuff et sa frappe monumentale, réussie le 11octobre à Constanta (2-2), n'y sont pas étrangers. Aujourd'hui, le Breton est confronté au même scénario et sera particulièrement attendu lors d'un match couperet que les Bleus se doivent de remporter pour espérer être du voyage en Afrique du Sud dans un peu plus d'un an. Mais dans quel état physique et mental se trouvera-t-il à l'heure de défier les Lituaniens? La question doit sans doute hanter les nuits de Domenech, qui a eu le flair de le lancer en sélection (20août 2008 contre la Suède 3-2 en amical) avant de lui confier les clés du jeu tricolore en qualifications contre la Serbie, le 10septembre 2008 (2-1), dans un système en 4-2-3-1 taillé à sa mesure.

Contre-coup

A l'époque, le Bordelais marchait sur l'eau et la France se plaisait à pousser la comparaison avec le grand Zinédine Zidane dont il a vite été désigné comme le successeur. Mais la suite fut plus compliquée à gérer pour le Morbihannais, sollicité de toutes parts et obligé à 22 ans de se démultiplier sur tous les fronts (sélection, Ligue des champions, compétitions nationales). Le contrecoup ne s'est pas fait attendre et début 2009, c'est un joueur harassé et sur les rotules qui s'est traîné sur les terrains même si son talent et son génie ont par instants crevé l'écran comme ce 11janvier avec un but d'anthologie inscrit contre le Paris SG (4-0) en Ligue 1. L'amical contre l'Argentine de Diego Maradona, le 11février à Marseille (défaite 2-0), n'avait pas non plus dissipé les doutes, l'ancien Rennais apparaissant emprunté et incapable de prendre la mesure du milieu de terrain albiceleste. Laurent Blanc, qui fait tout pour préserver au mieux son joyau, s'était même laissé aller à une critique de la gestion de Raymond Domenech, estimant «ridicule» le fait que son joueur ait disputé l'intégralité de la rencontre.

Second souffle

Avant ce rendez-vous capital à Kaunas, la donne semble toutefois avoir évolué et Gourcuff a retrouvé un second souffle, à l'image du but splendide inscrit auHavre (3-0), samedi, juste avant le début du rassemblement de l'équipe de France à Clairefontaine. Raymond Domenech continue de le considérer comme la plaque tournante du jeu français. Malgré les incertitudes concernant certains postes en défense ou en attaque, Gourcuff est assuré d'évoluer dans sa position préférentielle, celle d'un meneur de jeu axial. Le sélectionneur a testé différentes formules cette semaine avec une seule constante: Gourcuff placé comme un nº10. Depuis son retour en France sous forme de prêt en provenance de l'AC Milan à l'été 2008, Gourcuff est passé par toutes les émotions, porté aux nues avant de connaître le premier coup de fatigue sérieux de sa jeune carrière. Le voyage en Lituanie sera une autre étape importante à franchir dans sa quête de stabilité au haut niveau. (le télégramme)

jeudi 5 mars 2009

Breton mag : L’irrésistible ascension de Yoann Gourcuff

L’irrésistible ascension de Yoann Gourcuff

01/03/2009
L’irrésistible ascension de Yoann Gourcuff Parce qu’il est un garçon réservé dans un monde surexposé, parce que les filles le trouvent beau et les journalistes bien élevé, parce que le foot est chez lui un véritable choix et non un espoir d’ascenseur social ; et parce qu’il a du talent comme peu : Yoann Gourcuff est un joueur à part. Portrait d’un jeune garçon qui pourrait bien devenir le Tabarly du football.

Les Italiens le qualifieraient de fuoriclasse : joueur de classe supérieure. Ce n’est pourtant pas de l’autre côté des Alpes que Yoann Gourcuff a mérité définitivement cette appellation. Les deux années passées à Milan entre 2006 et 2008 livrent le reflet d’un aguerrissement plutôt que d’une explosion. En témoigne son statut de remplaçant lorsqu’il évoluait en Série A, le championnat italien. Ce n’est pas non plus le 7 février 2004 que Yoann est devenu un fuoriclasse. Ce jour-là, il est juste un élève précoce du football qui joue contre Auxerre et sous les couleurs du Stade Rennais son premier match dans une équipe professionnelle. Il n’a pas encore 18 ans. Le milieu offensif de Bordeaux en a aujourd’hui 22. Les chroniqueurs s’enthousiasment, les entraîneurs l’admirent. Quant à la France, elle est tombée amoureuse de ce désormais fuoriclasse à la fraîcheur atlantique.
Si physiquement Yoann Gourcuff est né le 11 juillet à Lorient (et non à Ploemeur comme cela est écrit partout), médiatiquement le 10 septembre 2008 restera comme une date fondatrice de son parcours. Ce soir-là, au Stade de France, face à la Serbie, le public et les téléspectateurs occasionnels découvrent un jeune adulte d’1,85 m aux traits fins qui embellit la rencontre de sa grâce. Une passe décisive pour Nicolas Anelka, une frappe monstrueuse sur la barre, beaucoup de ballons touchés, des relais : un match plus que plein. Et alors ? Alors les Bleus venaient de perdre un match contre l’Autriche quatre jours plus tôt, Raymond Domenech était l’une des personnalités les plus critiquées de l’Hexagone et le jeu de l’Équipe de France n’était plus qu’une expression dénuée de réalité… C’est dans ce contexte-là que Yoann Gourcuff enfile pour la première fois de sa carrière le maillot de titulaire des Bleus. Plus qu’un tournant : un quitte ou double.
Sur France 3 Aquitaine, l’ancien champion du monde Bixente Lizarazu aura ce compliment : “Il a été excellent et surtout culotté dans un match qui sentait la poudre”. “Il y avait un enjeu terrible se souvient Christian, son père, entraîneur de Lorient. Sa performance a été énorme sur le plan mental”. Un autre Christian, Jean-Pierre celui-ci, commentait la rencontre pour TF1 : “La pression fut énorme sur ce match, et c’est dans ces moments précis que l’on distingue les joueurs de haut niveau. C’est quand c’est dur qu’on voit les durs. Le vrai test consistait à observer si ses partenaires lui donnaient des ballons. Or il a été constamment sollicité”. Lorsque l’on sait que le Breton jouait aux côtés de joueurs comme Henry, Anelka ou Ribéry, il s’agit d’un éloge flatteur. Même Patrick Rampillon le directeur du centre de formation de Rennes, plus connu pour son exigence que pour son exubérance, ne cache pas son admiration. Pour le formateur de Yoann Gourcuff, ce qu’a réalisé son ancien élève un soir de septembre à Saint-Denis, “ce n’est pas fort, c’est très fort. Ce n’est pas grand, c’est tout simplement géant”.

“De la trempe des très grands"
Ce soir-là, Domenech est sauvé, les suspicions sur la motivation des Bleus se diluent dans l’euphorie de leur bonne prestation. Et Gourcuff récidive. Un mois plus tard, le 11 octobre 2008, le nouveau meneur de la France marque son premier but en équipe nationale, pour sa deuxième titularisation. Une frappe lointaine et autoritaire. Sous la barre. N’en jetez plus, Yoann Gourcuff est en passe de devenir une idole.
Ce deuxième coup de force sonne comme une confirmation dans une France du football en manque de créateur. L’Équipe réserve sa Une au prodige, et les amateurs de foot lui réservent leurs conversations. Sur Internet, c’est un tourbillon de commentaires, de photos mises en ligne, d’articles, et de vidéos. L’enthousiasme des internautes sur Dailymotion ne s’estompe plus, bien au contraire. Car non seulement Gourcuff a marqué les esprits grâce à ses matches en bleu, mais il a inscrit des buts en championnat. Et pas des moindres. Contre Toulouse et Paris, dans un petit périmètre et alors qu’il est marqué à chaque fois par plusieurs défenseurs adverses, il se sort de ces pièges grâce à ses gestes techniques rares et finit par frapper pour faire se lever Chaban-Delmas, le stade de Bordeaux. Le genre de but qui repasse en boucle sur les télévisions et qui contribue à asseoir une réputation de joueur hors norme. Le genre de but que Silvio Berlusconi, son ancien président du Milan AC, a vu sur Internet, paraît-il.
“Il est de la trempe des très grands” reconnaît le Rennais Patrick Rampillon, qui avoue qu’il serait allé “chercher Yoann à genoux jusqu’à Ploufragan s’il avait fallu”. Même Eugène Saccomano, la voix du football sur RTL, a fini par succomber aux charmes footballistiques du milieu bordelais : “Des confrères italiens m’avaient signalé son manque de constance. Les Italiens croyaient qu’il ne deviendrait jamais un grand joueur. C’était l’avis de Carlo Ancelotti (entraîneur du Milan AC). Quand il a commencé à briller en Équipe de France, je n’étais pas complètement convaincu. Je dois avouer que j’ai changé d’avis depuis”. Des émissions qui n’ont rien à voir avec le football lui consacrent des reportages, la publicité lui fait les yeux doux. Ses vacances de Noël ont été suivies par les lecteurs et lectrices de Voici. Le Télégramme l’a élu “Breton de l’année”. Sans demander son avis au joueur, le magazine gay Têtu en a fait sa Une. Et la rumeur d’une liaison avec la nageuse Laure Manaudou a fini par confirmer par l’absurde qu’il faisait désormais partie des personnalités. Lorsque quelqu’un commence à ne plus s’appartenir, la célébrité n’est jamais loin.
En janvier, le quotidien L’Équipe refaisait sa Une avec Yoann Gourcuff. En fondu, le visage de Zinédine Zidane. Barré de ce titre évocateur, le journal proclamait : “Le successeur”. “C’est une belle histoire, souffle Christian Jean-Pierre. Ce fils d’un entraîneur lorientais qui réussit à ce point-là, qui atteint un niveau assez exceptionnel. Maintenant, la seule chose qui va changer, c’est ce qu’il a dans la tête”. Or, sous le regard rentré et parfois un peu méfiant de Yoann Gourcuff se cache une conscience des évènements, une réflexion sur ce qui lui arrive.
On dit de lui qu’il est timide. On préférera réservé. On dit de lui qu’il est distant. On préférera remarquer que le jeune homme est prudent. Yoann Gourcuff est le fils d’un professeur de mathématiques devenu entraîneur de football et d’un médecin. Il a reçu une éducation structurée à Lorient, fondée sur des valeurs fortes de travail, d’honnêteté et d’excellence. En 2009, Yoann continue à fréquenter les mêmes personnes que lorsqu’il était en primaire et au collège. Ce que relève Marine, sa mère : “Pour se ressourcer, Yoann partage des moments avec ses amis d’enfance. Ce n’est pas anodin”.

“L’humilité, le sérieux, les valeurs”
Bien que ses parents aient divorcé au début de son adolescence, le jeune homme est resté très proche d’eux. Son père représente un guide. Qu’il consulte, sonde, écoute. Il n’est pas rare que Yoann dise “on” plutôt que “je” dans ses interviews, comme si tout avait été réfléchi en amont avec son père. Des “on” qui traduisent un mimétisme entre le père et le fils. Confirmation de la maman de Yoann : “C’est vrai que Christian et lui se ressemblent. Ils peuvent paraître un peu distants, mais c’est juste qu’ils ont besoin de temps pour accorder leur confiance”. Validation définitive du père : “Même si chacun a son caractère, on est attachés aux mêmes choses : l’humilité, le sérieux, les valeurs. Ce qui nous est le plus étranger, c’est la superficialité”.
Les Gourcuff ne se livrent pas facilement. Ils ont besoin de jauger, d’observer. Olivier Moulac a été le responsable de la scolarité de Yoann Gourcuff, lorsque celui-ci était en centre de préformation à Ploufragan, dans les Côtes-d’Armor. Il se souvient avoir vu arriver un garçon de 12 ans “timide, voire suspicieux vis-à-vis de l’adulte. Mais qui avait une grande capacité d’adaptation”. En 2001, c’est à Rennes que Yoann arrive, en même temps que son papa, nommé entraîneur du Stade Rennais. Et Patrick Rampillon se souvient lui aussi d’un “adolescent en retrait par rapport aux adultes”. Ce qui n’empêchait pas des signes évidents de maturité : “L’année de son bac, j’ai dû casser ma méthodologie car Yoann voulait réviser sans les autres élèves. Il avait besoin d’autonomie. Et il a eu son bac”. Alors qu’il avait déjà effectué des matches en professionnel, le jeune homme s’était même inscrit à l’université de Rennes. Au cas où… Ce qui rend le plus fier Christian Gourcuff, c’est la manière dont son fils appréhende son nouveau statut : “Face à ce tourbillon médiatique, j’aime sa faculté à faire face. J’apprécie son comportement. Car les dons ne suffisent pas”.
Cette mise en garde paternelle, Yoann semble l’avoir intégrée. Le jeune homme se sait doué pour le football. Mais s’il a un jour arrêté le tennis pour le ballon rond, c’est bien parce que le deuxième sport cité permet de jouer collectivement. “Yoann ne s’isole jamais, il est timide mais pas solitaire, analyse Olivier Moulac, le formateur de Ploufragan. Des garçons comme Ben Arfa ou Benzema ont tendance à montrer des choses plus personnelles”. On y vient. Yoann Gourcuff a 22 ans, il joue en équipe de France, mais semble prendre tout cela avec un recul certain.
Pour nombre de jeunes en centre de formation, le foot est un espoir de réussite sociale et surtout financière. Pour des garçons qui ont grandi dans des milieux défavorisés, l’appât du gain fait partie des sources de motivation. Un bon joueur de Ligue 1 gagne suffisamment d’argent pour pouvoir aider sa famille. Celle de Yoann Gourcuff n’en a pas besoin et le jeune homme lui-même n’a pas cette faim pécuniaire propre à ceux qui ont longtemps manqué de tout. C’est aussi cela sa particularité. En plus d’une certaine maturité, il y a une forme de décontraction dans l’attitude de Yoann Gourcuff. Ce que résume son ami Romain Danzé, qui joue actuellement au Stade Rennais et qui connaît bien Yoann depuis l’adolescence, pour avoir fréquenté les mêmes centres de préformation et formation : “Le style Gourcuff, c’est celui de tout le monde. Il y a beaucoup de footballeurs qui ont moins de talent que lui et qui se la jouent bien plus caïd”.
On comprend mieux pourquoi, lorsque l’on demande à Yoann quels sont ses amis en Équipe de France, il parle de Jérémy Toulalan et d’Hugo Lloris : deux joueurs discrets, au langage policé. Un observateur du milieu du football va plus loin : “Hatem Ben Arfa se comporte parfois comme un voyou, et Karim Benzema a connu un environnement familial mouvementé. Que voulez-vous que ces deux garçons-là partagent avec un jeune homme comme Yoann Gourcuff ?”. Dans un milieu où les joueurs sont aussi le reflet de ceux qu’ils laissent graviter autour d’eux, Olivier Moulac résume l’entourage de Yoann Gourcuff à ceci : “Sa maman, son papa. Et lui-même, à vrai dire”. On pourrait rajouter Maître Didier Poulmaire, le conseiller qu’il partage avec Laure Manaudou depuis trois ans. Un avocat plutôt qu’un agent. Un bouclier supplémentaire face aux pressions extérieures.

Naturel et classique
Yoann Gourcuff n’est pas Maradona mais les gens se retournent dans la rue et il se sait observé. Il était parti à Milan avec, déjà, le statut du “nouveau Zidane” et de grand espoir du football français. Il en est revenu avec encore beaucoup de choses à prouver. Cette saison, et notamment grâce à l’Équipe de France, le milieu de terrain semble asseoir sa nouvelle dimension. Et puis, l’époque est propice pour ce joueur bien sous tous rapports. Pour Olivier Moulac, son formateur de l’époque innocente de Ploufragan, “Yoann arrive en effet peut-être au bon moment. Il est naturel et classique. Cela nous change du courant rap/playstation. Il manquait peut-être une belle gueule au football français”. Si Yoann se bâtit un palmarès, il deviendra pour la Bretagne ce que Zidane est à la Kabylie et à la ville de Marseille : une icône. On pense aussi à Éric Tabarly. Une gueule, peu de mots aux médias, des amis de toujours, du talent. Christian Gourcuff prévient : “Quand on devient une star, on cesse d’être un sportif. Pour moi, Beckham est une star, Zidane non”. Tabarly n’était pas une star, il était une légende. À Yoann Gourcuff d’écrire la sienne.

Bretons : On parle souvent de votre ressemblance dans le jeu avec Zinédine Zidane. On ne reviendra pas, ici, sur la comparaison technique. Mais comme lui, vous subissez de plus en plus de fautes. Comment gérez-vous cette pression physique croissante de la part de vos adversaires ?
Yoann Gourcuff : C’est énervant, en effet. Je n’ai rien contre les coups quand ils font partie du jeu, quand ils sont donnés sans intention de faire mal, de blesser, ou de se venger de quelque chose. Mais depuis que je suis allé en Équipe de France, je subis un marquage plus serré et plus dur de la part de mes adversaires lors de mes matches avec Bordeaux. C’est une nouvelle donne que je dois prendre en compte.

Comment analysez-vous votre propre jeu ?
Je suis un joueur collectif. Mon souci est de bien faire jouer l’équipe. Je m’efforce d’être très généreux vis-à-vis de mes partenaires, que ce soit dans l’effort physique pour offrir des solutions ou dans les passes que je leur donne. Mon souci, je le répète, se résume à bien faire jouer l’équipe. Techniquement, quand j’ai des situations compliquées où je ne peux pas faire de passes, je prends le risque et la responsabilité de tenter des dribbles (cf. son incroyable but contre le PSG). Ce qui est difficile, dans le football, c’est de savoir quand on doit faire la passe. En ce moment, mes partenaires me font confiance, me cherchent dans le jeu. Ça me donne envie d’essayer de les soulager par je ne sais quel moyen, de bonifier leurs ballons, ou de marquer des buts quand je suis en situation de le faire. Cette confiance que je reçois, j’ai envie de la rendre.

Après votre expérience de deux ans au Milan AC, vous avez choisi de revenir en Ligue 1, dans un club moins riche. Quel regard portez-vous sur le lien entre l’argent et le monde du football ?
Il y a beaucoup d’argent dans le football, je ne peux pas le nier. Mon père comme moi, je crois qu’on privilégie plutôt l’aspect sportif. Se sentir bien dans un endroit ou apprécier la qualité de vie au quotidien, c’est important pour moi. Ce qui ne m’empêche pas de gagner ma vie, ou de bien gagner ma vie en fonction de ce que je fais sur le terrain. Parfois, je me sens un peu en décalage avec certaines personnes ou avec le milieu du foot. J’ai intégré ça depuis un moment déjà. À Milan, c’était déjà plus le cas qu’à Bordeaux. Tous les joueurs étaient des stars, moi pas du tout. Ils avaient des façons de vivre différentes de la mienne. Je me sens un peu en décalage pour ce qui touche à l’argent. Je ne suis pas obnubilé par l’argent ou les signes extérieurs de richesse. Mon argent, je préfère le placer que le dépenser. J’ai quelques investissements immobiliers en Bretagne. Je m’y intéresse, mais mes parents et des gens qui connaissent l’immobilier sont là pour me conseiller et pour éviter que je fasse des bêtises.

Tous les observateurs ont particulièrement salué votre performance lors du match contre la Serbie. Dans un contexte hors norme – un match au Stade de France, une première titularisation chez les Bleus, et un sélectionneur sur la sellette –, vous avez réalisé une performance de classe. Comment avez-vous fait pour composer avec cette pression ?
Jusqu’à présent, je n’avais jamais joué un match de football dans un contexte aussi particulier et avec une pression aussi forte. Les gens n’arrêtaient pas de critiquer dans tous les sens l’Équipe de France et Raymond Domenech. Il s’agissait de ma première titularisation et franchement, cela pouvait être un tournant dans ma carrière. J’ai essayé de transformer cette pression en énergie positive. Pour finalement être infatigable et débordant d’énergie. J’ai fourni beaucoup d’efforts, et j’avais l’impression de pouvoir jouer trois matches d’affilée. Je courrais, je ne sentais pas la fatigue. Sur le terrain, j’étais presque… ému de jouer. Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais c’était des sensations très fortes, très particulières. Je ne pensais pas que j’aurais pu jouer un match de foot avec autant d’émotions.

Êtes-vous content de ce qui vous arrive ?
Je suis payé pour faire une activité qui est ma passion. Pendant très longtemps, c’était même un loisir. C’est génial. Je ne vais pas faire la tête en arrivant sur un terrain. Au contraire, j’ai très envie de faire du spectacle, d’être très souriant, de montrer que je suis content d’être là.

Est-ce que les louanges qui pleuvent sur vous vous font peur ?
J’essaie de ne pas lire ce qui s’écrit sur moi, et de ne pas entendre ce qui se dit, de faire abstraction de tout ça. Je lirais ça plus tard, pendant des vacances ou même après le foot, et sûrement avec beaucoup de plaisir. Je me sens bien en ce moment mais je me souviens qu’il y a quelque mois j’étais remplaçant à Milan et que je mourrais d’envie de jouer au foot. Je peux très bien retourner dans l’anonymat. Les choses vont vite dans le football. J’évite juste de prendre des risques.

Comment faites-vous pour vous préserver du football ?
Je joue des matches tous les trois jours et il est vrai que le foot, c’est mon quotidien. C’est important pour moi de m’aérer l’esprit. Si je ne pense qu’au football, je me lasse. Pendant les heures de pause, je ne joue pas à des jeux de foot sur Playstation. Je reste chez moi tout seul, je sors, je me balade, je lis, je regarde des films. De toute façon, si je ne sors pas la tête du foot, je deviens moins performant en match ou à l’entraînement.

Quand allez-vous prendre une décision concernant votre avenir à Bordeaux ?
… En avril. Il y a des échéances importantes qui arrivent pour le club. On est qualifié pour la finale de la Coupe de la Ligue, encore en course en UEFA, bien placé en championnat : cette saison peut-être exceptionnelle pour les Girondins de Bordeaux.

On associe beaucoup Zidane à la Kabylie. En Bretagne, Éric Tabarly fait partie des icônes liées à la région. Assumeriez-vous de devenir, comme lui, un symbole régional ?
Le football est un sport qui a une forte audience populaire, mais Éric Tabarly faisait de la voile. Et dans la voile, il y a quelque chose de très sauvage, de très lié à la nature, de très breton quelque part. Plus que le foot. Je ne sais pas si je suis comparable à Éric Tabarly, mais ce lien entre lui et la région est très beau. J’ai beaucoup de reconnaissance pour la Bretagne et comme tous les Bretons je suis susceptible de représenter ma région. Si un jour je dois en devenir un symbole, cela ne me dérangerait pas, puisque je suis très fier d’être breton.

Que vous reste-t-il de la Bretagne aujourd’hui ?
Beaucoup de choses. J’essaie d’y retourner pour me ressourcer dès que je peux. Je revois toujours mes copains de Lorient, où j’ai habité jusqu’à l’âge de 13 ans. Je lis de temps en temps la presse bretonne, mais pas au quotidien. Ma famille vit là-bas. Pour mon père comme pour moi, cette région convient bien à notre personnalité, notre façon de vivre, de penser. On est un peu distant au premier abord, assez réservé, mais nous sommes vrais et francs. On n’a pas cette chaleur naturelle avec les gens que l’on ne connaît pas, comme dans le sud de la France ou en Italie.

Pourquoi écoutez-vous de la musique bretonne ?
Des gens comme Dan ar Braz ou Alan Stivell, et la musique celtique d’une manière générale me permettent de me rappeler des moments bien précis de ma jeunesse. Cette musique me permet de prendre du recul sur le présent, prendre du recul par rapport à tout ce qui se passe autour de moi. La Bretagne, ce sont des endroits assez intimes, où il y a peu de grandes villes. Les paysages sont à la fois surprenants et différents. Le Finistère ne ressemble pas au Morbihan. Prendre le bateau pour aller à Groix, me promener à Larmor-Plage, Guidel ou Douarnenez font partie des choses que j’aime bien faire.

Même si vous n’hésitez pas à revenir souvent en vacances en Bretagne, vous aimez voyager. Quelle est votre destination préférée ?
Moscou. J’aime bien voyager dans des endroits bien différents de la France, où la culture est en elle-même une source de dépaysement, des endroits où je ne connais rien ni personne. Comme au Japon où je me suis déjà rendu. J’aimerais bien aller au Vietnam, aussi : il paraît que la population y est très accueillante. Quand j’ai fait six mois à fond dans le foot, j’aime vraiment me retrouver dans des lieux complètement différents de mon quotidien. Je ne recherche pas forcément des plages de sable blanc, j’apprécie aussi les destinations un peu plus “roots”.


Par : Tugdual Denis
Photo : Emmanuel Pain

mercredi 11 février 2009

Yoann Gourcuff, entre génie et sex-symbol

France Info - 11 février 2009


Nouvelle icône gay... Des hebdos féminins qui se pâment devant ce beau brun ténébreux... A quelques heures de France-Argentine au Stade Vélodrome, gros plan sur la nouvelle coqueluche de l’équipe de France, Yoann Gourcuff, 22 ans.  


Yoann Gourcuff sous le maillot tricolore, le 14 octobre 2008 face à la Tunisie - © REUTERS / Charles Platia






Le strip-tease qu’il a offert à ses fans le 5 décembre dernier au stade Chaban-Delmas, ce n’est pas vraiment lui. D’ailleurs, Yoann Gourcuff "regrette" son initiative. Ces quelques enjambées en slip-noir-moulant-moulant élégamment marqué du numéro 20, lui ont pourtant valu un deuxième article en quelques semaines dans le magazine Têtu (voir ci-dessous).
Saluant "ses yeux de biche, ses mèches rebelles ou sa cuisse fuselée", la revue de la communauté gay venait de désigner le milieu offensif des Girondins "Bombe du Mois", digne successeur à ce titre de Cristiano Ronaldo. Pour autant, présenter Yoann Gourcuff comme la nouvelle icône gay à l’instar de Jean Galfione dans les années 90, serait réducteur.

Le sport dans la peau

Yoann est né à Ploemeur dans le Morbihan (en breton, Gourcuff signifie littéralement "homme doux"), d’un papa… entraîneur de football, et d’une maman ancienne basketteuse. Football ou basket ? C’est en s’appuyant sur un ballon de foot que le petit Yoann réussit à se relever pour faire ses premiers pas, aime à rappeler sa maman Marine.
Enfant et adolescent, Yoann a le sport dans la peau : badminton, tennis, ping-pong, natation, plutôt que math et français, se souvient son institutrice de CE2-CM1, Monique Nedellec. Très doué au tennis, Yoann opte pourtant pour le foot, sur les traces de son père Christian, actuel entraîneur du FC-Lorient.



La suite, tout le monde la connait : le Stade Renais où il arrive en 2001, une saison 2005-2006 où il explose, les clubs étrangers qui le courtisent, son départ pour le Milan-AC en 2006, son premier match sous le maillot tricolore l’été dernier. L’Italie, où Yoann Gourcuff connaîtra plus souvent le banc de touche que le gazon.
Au début de la saison 2008-2009, Gourcuff retrouve la L1, prêté aux Girondins par Milan. Un prêt avec option d’achat pour un montant de 15 millions d’euros. Des chiffres, des sollicitations, une popularité qui donnent le vertige : dans le clan Gourcuff, on aimerait que Yoann continue de s’épanouir les crampons au pied, mais qu’on lui fiche la paix en dehors de stades.
Loin du strip-tease malheureux de Chaban-Delmas après la victoire des Girondins face à Valenciennes, l’image-référence de la famille, c’est le champion de tennis Roger Federer : flamboyant sur les courts, respectueux de ses adversaires et très discret dans sa vie privée.
Reportage, interviews : Cécilia Arbona
Page web : Gilles Halais