Une entrée encore
quelconque de Yoann Gourcuff contre l’APOEL Nicosie, mardi soir à
Gerland. Un statut de remplaçant qui n’avait, hélas, rien de celui de
joker.
Christian Gourcuff en a marre. Parfois, des confrères indélicats
l’appellent pour parler longuement football, tactique, futur de Lorient.
A la fin de l’entretien, ils posent une question ou deux sur Yoann, en
difficulté à l’OL. Sur son fils, le père trop harcelé sur ce sujet
répondait à contrecœur. Et au final, ce n’est souvent que la partie de
l’interview concernant Yoann qui était conservée : pas un mot sur le
foot, la tactique, le futur de Lorient... Piégé sournoisement, Christian
Gourcuff esquive depuis les questions sur son fils.
A corps perdu…
En mars 2010, pour So Foot, juste avant l’incroyable trou noir des
Girondins, Christian Gourcuff nous avait révélé quelques trucs
essentiels sur Yoann. Que le môme avait pratiqué le « foot de rue », en
jouant aussi sur le parking ou au fond du jardin. D’où ses aptitudes
techniques qu’on retrouve chez des grands joueurs, ex-gosses des cités.
Et puis Christian avait décrypté les petits signes avant-coureurs du
coup de moins bien qui affectait déjà son fils à Bordeaux : « Quand
il retrouve de la force dans ses appuis, il retrouve de l’efficacité
dans ses frappes. Tout est lié : technique, physique et confiance. » Au printemps 2011, Yoann confessait ses difficultés à l’OL : « Je cherche toujours la clef pour réussir à Lyon, mais mon problème est physique ».
En février 2012 rien n’a vraiment changé. Le physique... Déjà, on
pourrait valider l’hypothèse que Yoann ait bien été « en surchauffe »
durant ses deux saisons magnifiques à Bordeaux. Besoin forcené de
rattraper ses deux années « perdues » à Milan où il a peu joué ? Après
Bordeaux (et l’éprouvant Mondial 2010), il aurait donc subi un
contrecoup physique à Lyon, comme l’ont attesté les blessures et son
moindre volume de jeu. Actuellement, l’image récurrente et inquiétante
est celle d’un Yoann remplaçant qui s’échauffe continuellement mais qui
ne rentre pas. A l’entraînement, au milieu des autres, il s’étire sans
fin, se plie, se courbe, jongle haut et bas, sautille, démarre un petit
sprint… et remet ça à nouveau.
Yoann cherche tout simplement (et désespérément) à se réapproprier
son corps. En sport comme dans tout le reste, c’est la tête qui
commande. Et quand la tête n’y est pas, le corps peut prendre le relais.
Le problème c’est que le corps de Yoann ne répond plus. Rolland Courbis
avait vu juste : Yoann est fâché / lâché par son corps. Yoann ne
retrouve plus son extraordinaire coordination gestuelle qui le
rapprochait tant du meilleur Zidane, version ballerine. Il aura suffit
d’un enchaînement technique magnifique (transmission vers Ederson et but
de Lacazette) contre Bordeaux en Coupe de la Ligue pour qu’on se pâme à
nouveau avec le « Gourcruyff » enfin retrouvé. Mais contre Nicosie,
deux ou trois prises de balles approximatives ont douché l’enthousiasme.
Toujours ces gestes empruntés, trop décomposés. Comme un handicapé qui
réapprend à marcher. Souvenir fugitif de FA Cup, QPR-Chelsea (0-1) fin
janvier : le pauvre Fernando Torres qui s’y reprend maladroitement à
trois fois pour maîtriser un ballon facile arrivé à mi-hauteur… C’est la
tête qui commande. Mais la technique corporelle retrouvée guérit aussi
le mental. Tout au long de sa carrière, Dennis Bergkamp répétait
inlassablement les mêmes petits exercices individuels appris tout môme à
l’Ajax. Quelles que soient les périodes fastes et ou creuses,
l’entretien technico-corporel maintenait son équilibre personnel à haut
niveau constant. Pour l’instant, Yoann n’a toujours pas récupéré l’usage
de son corps. Alors qu’il n’est plus blessé.
Sonny, oui… Yoann, non ?
Contre Nicosie, son positionnement tactique plus qu’aléatoire a
encore laissé perplexe. Mais c’est un autre débat récurrent qui ne
retrouvera sa pertinence une fois qu’il aura déjà récupéré « corps et
âme ». Mais l’âme continue de souffrir. Le mystérieux trou noir
bordelais de 2010 l’a absorbé comme beaucoup d’autres (Chamakh, Chalmé,
Planus, A. Diarra, Wendel, voire Gouffran ou Trémoulinas). Le syndrome
du « nouveau Zidane » l’a atteint aussi, après Meriem, Meghni et Nasri.
Le poids du transfert record (22 M d’Euros) ainsi que le plus gros
salaire de l’OL (on parle de 4 400 000 Euros brut par an) l’ont pressé
sans cesse à revenir plus vite, plus fort. La présentation rockstar à
Gerland devant 15 000 fans, après avoir quitté Bordeaux dans le speed,
presque « comme un voleur ». Le crash de Knysna, beaucoup plus
traumatisant qu’on ne l’a cru. Les attaques-choc de Maldini sur son
passage au Milan AC. Les rumeurs persistantes sur sa vie privée qui le
poussent maladroitement à se justifier face à Cécile de Minibus en mai
dernier («Oui, j’aime les femmes », sic). La com asséchée et
très business imposée par son ex-agent Poulmaire puis son transfert dans
l’écurie Bernès ne l’ont pas rendu meilleur communicant. Et sa timidité
maladive, qui l’isole de ses coéquipiers. Lizarazu lui reproche souvent
de ne pas assez s’ouvrir aux autres. Du coup, on parlerait même de
rejet du groupe vis a vis de lui…
Après Sonny Anderson pour les années 2000, Yoann Gourcuff était le
deuxième grand transfert stratégique de l’OL des années 2010. Un
« accident industriel » aujourd’hui qui a plombé Puel et Garde, bien
obligés de le « rentabiliser ». Il semblerait que Rémi Garde qui ne
croit plus trop en lui ait aligné Yoann contre Nicosie afin de l’exposer
pour mieux le vendre (révélation RMC, hier soir dans l’After). Son
entrée un peu incongrue (71ème) et ensuite inefficace m’avait
autant surpris que la mise à l’écart de Clément Grenier, absent de la
feuille de match… On en serait donc là : même Aulas, pourtant soutien
indéfectible, se serait fait une raison. Qui croit encore en Yoann ?
Laurent Blanc ? Pas sûr… Pourtant, Lolo a tout essayé : encouragements,
confiance réitérée. Avec du recul je me demande même si Blanc n’a pas
gardé en Bleu un Alou Diarra même moyen pour soutenir Yoann (A. Diarra
est un des rares vrais potes de Yoann). Quand on repense à l’association
prometteuse Gourcuff-Nasri à Wembley (2-1 pour la France), fin 2010…
Yoann c’est 92 sélections en Bleu depuis 2001-02, des - de 16 aux A (28
capes). A l’OL, un autre proche de Yoann, Toulalan est parti se
ressourcer ailleurs, à Malaga. Yoann devrait aussi changer d’air ? Mais
pour aller où, et à quel prix ? Qui veut de lui ?...
Peut-on définitivement perdre son football après avoir fini 20ème
du Ballon d’Or 2009 et avoir marqué des buts de dingues avec Bordeaux
et les Bleus ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Je repense aux
comètes Laurent Roussey ou Sebastian Deisler. Et je m’accroche à la
définition du talent particulier de Yoann : toujours présent dans la
zone de jeu où le ballon vit…
Chérif Ghemmour (http://www.eurosport.fr/cherif-ghemmour_blog165/s.o.s.-yoann-gourcuff_post1650544/blogpostfull.shtml)
""A 17 ans, il signe son premier contrat pro au Stade rennais, où son
père entraîne l’équipe première. Sauf que Christian est viré : on
explique alors à Yoann qu’il faut s’accrocher et faire la part des
choses, le gamin reçoit le message cinq sur cinq mais divise ses
éducateurs. Certains lui trouvent le sens du jeu. D’autres remarquent
surtout sa lenteur : il semble décomposer ses gestes, comme si on le
voyait sous la lumière d’un stroboscope.""extrait d'un article pas très gentil (déjà) au moment où Yo était au top !! Pondu par G.Sneider qui continue à casser Yo ,dès qu'il le peut ),lien si vous voulez le lire !
http://fan-de-yoann-gourcuff-foot.blogspot.com/2009/09/yoann-gourcuff-le-silence-est-dor.html?spref=fb