L'OL devrait formuler une offre de plus de 20ME pour acquérir le Bordelais
Les présences de Jérôme Seydoux aux côtés de Jean-Michel Aulas ne sont jamais anodines. Cela s'est vérifié avant-hier lorsque le co-président de Pathé est venu assister à la rencontre entre l'OL et Brest. Mais, c'est avant que s'est joué le temps fort de la journée. Les deux hommes se sont longuement entretenus avec au centre de la discussion Yoann Gourcuff.
Depuis de longues semaines, l'international (24 ans) se trouve dans la ligne de mire de l'OL et un élément nouveau vient d'apparaître avec sa volonté de quitter les Girondins. Du coup, et à un peu plus d'une semaine de la fin du mercato, l'OL va très rapidement formuler une offre que l'on peut chiffrer à plus de vingt millions d'euros, peut-être même se rapprochant des 26 ME de la clause libératoire, sans inclure de joueurs comme on a pu le suggérer un temps.
L'envergure du joueur visé, les sommes en jeu, et l'attitude de Bordeaux indiquent l'extrême difficulté du dossier. Après avoir perdu Chamakh en fin de contrat, on ne voit pas ce qui inciterait le club girondin à laisser partir son meneur de jeu. Sauf sa situation économique. Dans un entretien accordé à notre confrère Sud Ouest, Nicolas de Tavernost n'a pas caché que le déficit actuel est de 15ME et qu'il est vivement recommandé aux hommes de Jean Tigana de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Dans le cas contraire, l'effectif subirait un véritable bouleversement avec une échelle de prix très variable.
Mais à l'inverse, les Bordelais ont plus de chance d'accrocher cette qualification avec Gourcuff, et à quelques jours de la fin du mercato, leur marge de manœuvre pour lui trouver un successeur serait pour le moins réduite.
A moins qu'ils aient déjà anticipé... En tout cas, un indice sautait aux yeux hier soir: Gourcuff était sur le banc au coup d'envoi contre le PSG.
La semaine qui s'annonce va être sous haute tension et on verra si Jérôme Seydoux, décisif il y a onze ans dans le transfert de Sonny Anderson, le sera à nouveau au bénéfice d'une équipe qui, avec ou sans les blessures actuelles, a besoin d'être renforcée.
A.O(le progrès)


Le coup de fil où tout bascule
Lundi 16 août
Hugo Lloris parle encore au téléphone à son ami Yoann Gourcuff, son vrai «pote» depuis leur aventure en Bleu. Pas celle, factice et tragique, en Afrique du Sud où le groupe, emmené par un sélectionneur à la dérive, a implosé en vol. Non, l’aventure de leurs jeunes années, des moins de 19 ans, lorsque Gourcuff le Breton et Lloris le Niçois devinrent champions d’Europe. Unis. Amis. En ce lundi, Hugo redit à Yoann ce qu’il lui a répété tout au long de l’été : «Viens, viens à Lyon. C’est là ta maison.» Gourcuff, peu en phase avec l’entraîneur bordelais Jean Tigana, se fait alors son idée. Définitive. Oui, il sera Lyonnais. «C’est le coup de fil qui a renversé la situation», dit un dirigeant de l’OL. La route est libre…
«C’est lui qu’il nous faut !»
Mardi 17 août, mercredi 18 août
Les conciliabules entre les dirigeants lyonnais s’enchaînent. Jean-Michel Aulas, fan de la première heure, et Jérôme Seydoux, l’homme fort du conseil d’administration, échangent. «C’est lui qu’il nous faut». La décision est prise d’accélérer le transfert. Si le joueur est d’accord, tout devient plus facile.
Trois heures et demi pour un bon de sortie
Samedi 21 août
L’épisode est déjà relaté dans les gazettes : Gourcuff, accompagné de son conseiller Didier Poulmaire, est reçu par le président Triaud, à Bordeaux. «Ils ont eu besoin de trois heures et demi de réunion», glisse cette source proche du dossier. En quittant le bureau présidentiel, Gourcuff sait qu’il a son bon de sortie en main… à condition que les clubs s’accordent.
Poulmaire finalise, Gourcuff s’échauffe
Dimanche 22 août
A 18 heures, Poulmaire entre en conférence téléphonique avec les dirigeants de l’OL. A la même heure, le joueur foule la pelouse du Parc des Princes. Remplaçant, il va porter pour la dernière fois la tunique à scapulaire.
Pas de Triaud
Lundi 23 août
«Conf call», à nouveau, au plus haut niveau. Nicolas de Tavernost négocie sur ligne directe avec Lyon. Jean-Louis Triaud n’a pas droit au chapitre. Jean-Michel Aulas accepte d’entamer les négociations au prix demandé : 26, 5 millions d’euros. Telle est la clause. L’OL espère mettre entre 18 et 20 millions d’euros. Ce sera 22… Entre 18 heures et 1 heure du matin, Aulas, chez lui, avec son directeur général, planche sur les dernières modalités.
A Tola Vologe
Mardi 24 août
A 19h35, Yoann Gourcuff sort du bureau de Philippe Sauze, directeur général de l’OL, au siège du club. Le contrat est paraphé. Gourcuff est un Gone pour cinq saisons.
Xavier Rivoire, à Lyon